Énergies renouvelables : un déploiement accéléré pourrait générer 500 M€ d’économies par an en France d’ici 2035
Selon une étude menée par Deloitte pour France Renouvelables, une accélération du développement de l’éolien terrestre et du solaire permettrait à la France de réduire ses coûts de production d’électricité, de renforcer sa souveraineté énergétique et d’améliorer la compétitivité de ses entreprises à l’horizon 2035. Dans un contexte d’électrification croissante des usages, les bénéfices économiques pour les ménages, les entreprises et les territoires apparaissent significatifs.
Un scénario ambitieux pour accompagner l’électrification
Face à la hausse des besoins en électricité liée à la décarbonation des transports, de l’industrie et des bâtiments, l’étude compare deux trajectoires de développement des énergies renouvelables (EnR) à horizon 2035.
Le premier scénario repose sur la borne basse des objectifs de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), avec 55 GW de solaire photovoltaïque et 35 GW d’éolien terrestre. Le second, qualifié d’« ambition renforcée », prévoit 80 GW de solaire et 46 GW d’éolien terrestre.
Dans les deux cas, la consommation électrique française atteindrait environ 580 TWh en 2035, conformément aux scénarios de forte électrification nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques nationaux.
Une production décarbonée accrue et une électricité moins chère
Le scénario ambitieux permettrait de produire près de 250 TWh d’électricité renouvelable décarbonée en 2035, soit environ 50 TWh supplémentaires par rapport au scénario de référence.
Cette production additionnelle aurait un effet direct sur les coûts du système électrique. Selon les conclusions de l’étude, le coût moyen de production de l’électricité diminuerait, générant un gain collectif estimé à 500 millions d’euros par an dès 2035.
Le prix moyen du marché de l’électricité reculerait quant à lui de 5 €/MWh, soit une baisse d’environ 8 % par rapport à un développement plus modéré des EnR.
Des bénéfices concrets pour les ménages et les entreprises
La baisse des coûts de l’électricité se traduirait directement sur les factures des consommateurs.
Pour un ménage moyen, l’économie est estimée à 34 euros par an, tandis qu’un foyer rural fortement électrifié pourrait bénéficier d’un gain atteignant 61 euros par an.
Les entreprises seraient également gagnantes. Pour certains secteurs électro-intensifs, comme l’aluminium primaire ou la chimie, la diminution du coût de l’électricité pourrait réduire les coûts de production d’environ 4 %, renforçant leur compétitivité dans un contexte international particulièrement tendu.
Pour les PME et les activités de proximité, comme les boulangeries ou les blanchisseries, l’électrification associée à un prix de l’électricité plus faible représenterait également une opportunité de maîtrise durable des charges énergétiques.
Un atout pour la souveraineté énergétique française
Au-delà des enjeux économiques, le développement accéléré du solaire et de l’éolien contribuerait à réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles importées.
L’étude estime qu’une ambition renforcée permettrait de diminuer de 12 % la production d’électricité à partir de gaz en 2035, soit environ 3 TWh par an.
Entre 2030 et 2035, cette évolution éviterait près de 500 millions d’euros d’achats de gaz importé, améliorant ainsi la balance commerciale du pays et renforçant sa sécurité énergétique.
Flexibilité et stockage : des leviers complémentaires
Le scénario étudié souligne également le rôle croissant des batteries et des solutions de flexibilité du système électrique : recharge intelligente des véhicules électriques, pilotage du chauffage ou encore gestion active de la consommation.
Ces dispositifs permettraient notamment :
- de réduire de 10 % l’écrêtement des énergies renouvelables ;
- de diminuer de 20 % les pics de prix élevés sur le marché ;
- de faire baisser le prix moyen de l’électricité d’environ 4 €/MWh supplémentaires.
L’étude estime par ailleurs que chaque gigawatt de batteries déployé pourrait générer près de 90 millions d’euros d’économies annuelles pour le système électrique.
Des retombées pour les collectivités locales
L’accélération des renouvelables nécessiterait un soutien public supplémentaire évalué à 740 millions d’euros par an à l’horizon 2035. Toutefois, cette dépense serait partiellement compensée par les retombées économiques locales.
Les collectivités territoriales pourraient ainsi bénéficier d’environ 210 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires par an, grâce aux investissements et à l’activité économique générés par les nouveaux projets énergétiques.
Une opportunité pour l’économie française
Les conclusions de l’étude convergent vers un même constat : dans un contexte d’électrification rapide, un développement renforcé des énergies renouvelables apparaît comme un levier capable de concilier compétitivité économique, maîtrise des coûts énergétiques et souveraineté nationale.
Pour les entreprises comme pour les territoires, l’essor du solaire, de l’éolien, du stockage et des flexibilités énergétiques pourrait constituer l’un des moteurs majeurs de la transition énergétique française à l’horizon 2035.
Source : Étude Deloitte réalisée pour France Renouvelables, « Impacts d’un essor rapide des énergies renouvelables en France à horizon 2035 ».