Énergies marines renouvelables : après le ralentissement de 2025, la filière prépare son rebond

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Une année de transition avant une nouvelle phase de développement

Malgré un ralentissement marqué de l’activité en 2025, la filière française des énergies marines renouvelables (EMR) conserve de solides perspectives de croissance. C’est l’un des principaux enseignements de la 10e édition de l’Observatoire des Énergies de la Mer, qui souligne à la fois les fragilités conjoncturelles du secteur et les opportunités considérables qui se dessinent à l’horizon 2035.

Une activité en recul après plusieurs années de croissance

En 2025, la filière a mobilisé 7 695 emplois équivalent temps plein, soit une baisse de 7 % par rapport à l’année précédente. Les investissements atteignent 2,7 milliards d’euros (-11 %) tandis que le chiffre d’affaires recule de 20 % pour s’établir à 3,2 milliards d’euros. 

Cette situation s’explique principalement par la fin des phases d’installation des premiers grands parcs éoliens en mer français et par l’absence de nouveaux projets suffisants pour prendre le relais. Entre 2014 et 2023, seulement 600 MW ont été attribués en France, créant aujourd’hui un creux d’activité qui affecte l’ensemble de la chaîne de valeur. 

Les entreprises prestataires, fournisseurs et sous-traitants sont les plus touchées, avec une diminution significative des emplois et un recul de l’activité industrielle, notamment sur les marchés export. 

L’éolien en mer poursuit néanmoins son déploiement

Le ralentissement ne remet pas en cause les avancées enregistrées sur le terrain. Fin 2025, trois parcs commerciaux d’éolien posé étaient pleinement en exploitation en France : Saint-Nazaire, Fécamp et Saint-Brieuc. Le parc de Yeu-Noirmoutier est venu compléter ce paysage en devenant totalement opérationnel au printemps 2026. 

Ces infrastructures ont permis de porter la production électrique offshore à 5,7 TWh en 2025, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’environ 2,6 millions de personnes.

Parallèlement, trois fermes pilotes d’éolien flottant sont désormais en fonctionnement, illustrant la montée en maturité de cette technologie appelée à jouer un rôle majeur dans les prochaines années. 

Une visibilité indispensable pour les entreprises

L’Observatoire met en évidence une corrélation directe entre le nombre de projets en construction et l’emploi dans la filière. Lorsque les mises en chantier diminuent, l’activité économique et industrielle recule mécaniquement. 

 

Pour les entreprises du secteur, la continuité des appels d’offres constitue donc un enjeu stratégique. Les acteurs industriels, les gestionnaires portuaires et l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement ont besoin d’une visibilité à long terme afin de maintenir leurs capacités de production, investir dans les infrastructures et sécuriser les compétences. 

Des ambitions inédites pour 2035 et 2050

Les perspectives restent néanmoins particulièrement favorables. La troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie prévoit 15 GW d’éolien en mer installés à l’horizon 2035, avec un objectif confirmé de 45 GW en 2050. 

Le lancement de l’appel d’offres AO10, portant sur 10 GW supplémentaires d’éolien en mer, marque une étape décisive. La moitié des capacités concernera l’éolien posé et l’autre moitié l’éolien flottant, offrant un important potentiel de développement industriel et d’innovation. 

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